Une souris, une demande de service et un moment propice à l’apprentissage : réflexion sur l’accessibilité au quotidien
Par Christopher King | Agent de projet | Bureau de l’accessibilité des technologies de l’information (BATI)
En tant que professionnel de l’accessibilité numérique au sein du Bureau de l’accessibilité des technologies de l’information (BATI), je me retrouve souvent à défendre la conception inclusive et l’équité numérique partout où je vais. Mais de temps à autre, je suis confronté directement aux obstacles que je m’efforce d’éliminer. Une expérience récente concernant un objet aussi simple qu’une souris d’ordinateur m’a rappelé à quel point l’accessibilité peut être importante (ou frustrante).
L’obstacle inattendu
Tout a commencé par une souris oubliée. Je suis arrivé au travail, prêt à me plonger dans ma journée, et me suis rendu compte que j’avais oublié ma souris à la maison. Heureusement, notre Ministère a récemment ouvert un nouveau service utile appelé le centre de service sans rendez-vous, où les employés peuvent emprunter du matériel ou obtenir une aide technique. Lorsque je suis entré dans le centre de service sans rendez-vous*, j'ai expliqué à l'un des deux membres du personnel présents sur place que j'avais besoin d'emprunter du matériel. On m’a dit que généralement ils ne prêtent pas de souris, mais qu’ils en avaient une de rechange que je pouvais emprunter pour la journée. Il n’y avait qu’un hic : je ne pourrais l’emprunter qu’après avoir soumis une demande de service auprès du portail de service Lien interne de l’InfoService national!
Naviguer sans souris
Dans mon rôle en tant que testeur d’accessibilité au BATI, j’essaie souvent de tout tester au clavier, et j’en profite même pour le faire lorsque ce n’est pas forcément nécessaire pour la tâche à accomplir. Je me suis vite rendu compte que je pourrais simplement utiliser mes aptitudes au clavier pour naviguer sur le site et soumettre ma demande de service. Mais la suite m’a rappelé de manière frustrante que tous les systèmes numériques ne sont pas créés égaux.
Malgré tous mes efforts, l’utilisation de la touche de tabulation pour se déplacer dans la multitude de liens et de champs prenait beaucoup de temps sur chaque page, et je n’arrivais pas à me rappeler si j’étais censé utiliser la barre d’espacement ou la touche Entrée pour sélectionner les hyperliens. Lorsque je suis arrivé sur le premier écran dans WebDirect, l’indicateur de focus — une exigence pour aider les utilisateurs voyants à voir quel élément à l’écran est en train d’être sélectionné — était à peine visible.
En tant que personne souffrant d’un handicap cognitif, je sentais déjà ma tension artérielle augmenter. Ce qui aurait dû prendre deux minutes se transformait en une épreuve bien plus longue et me faisait perdre un temps précieux et de la productivité.
Une vue d’ensemble
Cette expérience m’a fait réfléchir : bien que ce fut moins problématique pour quelqu’un comme moi, cela pourrait bien être une frustration quotidienne pour les personnes handicapées. Même si ce n’était pas la première fois que je testais quelque chose sans souris, j’ai vécu de la frustration.
« L’accessibilité n’est pas seulement une question de conformité, c’est une question de dignité, d’indépendance et d’égalité des chances pour tous. »
Parfois, les frustrations peuvent provenir de quelque chose d’aussi subtil que le fait de devoir appuyer sur la touche Entrée pour sélectionner un bouton, ou de devoir tabuler à travers une douzaine d’hyperliens pour contourner un simple sous-menu.
Cette expérience, bien que mineure dans le grand ordre des choses, souligne un point essentiel : l’accessibilité n’est pas une simple case à cocher : il s’agit d’un engagement permanent. Même les systèmes bien conçus peuvent s’avérer insuffisants s’ils ne sont pas testés avec des utilisateurs réels et des technologies d’assistance. Lorsqu’ils échouent, les effets sont bien réels.